[Gabon-Société] Le Sylaml tire la sonnette d’alarme sur des nominations contestables à la Mairie de Libreville

Dans une correspondance adressée au délégué spécial de la mairie de Libreville ce 23 octobre dernier, dont notre rédaction a obtenu copie, le Syndicat libre des agents de la mairie de Libreville (Sylaml), sous la houlette de Joe Fred Madouta, interpelle avec véhémence le premier magistrat de la capitale sur une série d’arrêtés entérinant des recrutements dont les profils suscitent de vives interrogations.
Depuis plusieurs exercices déjà, la gestion de l’hôtel de Ville cristallise les mécontentements et alimente les controverses. Cette dérive perdure malgré le défilé incessant de responsables propulsés à la tête de cette institution stratégique. La semaine écoulée a d’ailleurs vu resurgir avec acuité ce climat délétère, ravivé par une missive cinglante émanant du Sylaml.
Dans ce réquisitoire sans concession, l’organisation syndicale réaffirme son attachement viscéral au dialogue social, tout en se posant en sentinelle inflexible du respect du droit public et des valeurs républicaines. Le constat dressé ne souffre d’aucune ambiguïté : « Au regard de la classification des agents nouvellement recrutés, le favoritisme et le clientélisme ont manifestement prévalu dans la confection desdits arrêtés, reléguant au second plan l’objectivité et la rigueur administratives qui devraient présider à de telles nominations », martèle le syndicat.
Une mise en garde assortie d’un ultimatum
Face à la multiplication des irrégularités constatées et aux risques d’implosion institutionnelle que recèle cette dérive, le Sylaml exhorte solennellement le délégué spécial à faire preuve de discernement en retirant promptement ces arrêtés du circuit administratif. L’organisation syndicale ne manque pas de rappeler un précédent embarrassant : lors de sa prise de fonctions, l’actuel délégué avait lui-même annulé les arrêtés édictés par son prédécesseur pour des motifs identiques.
« Notre recours s’inscrit dans le cadre de l’application de l’article 42 de la Loi n° 17/84 du 29 décembre 1984 portant code des juridictions administratives », précise le courrier, conférant ainsi une assise juridique incontestable à cette démarche contestataire.
Le Sylaml pose un ultimatum sans équivoque : à défaut de réponse dans un délai raisonnable, l’organisation syndicale se réserve le droit de saisir le juge administratif afin de faire constater et sanctionner les irrégularités commises. Cette menace de judiciarisation du conflit témoigne de la détermination des agents municipaux à voir triompher la légalité républicaine sur les pratiques discrétionnaires qui gangrènent la gestion des ressources humaines de la municipalité.
Une bataille qui dépasse le cadre syndical
Au-delà du bras de fer entre le syndicat et la direction de la mairie, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la gouvernance des collectivités locales au Gabon. Elle met en lumière la persistance de pratiques népotiques qui sapent les fondements d’une administration publique efficace et transparente, pourtant érigée en priorité par les autorités de la transition.
L’issue de ce différend sera scrutée avec attention, tant elle pourrait constituer un précédent dans la lutte contre les dérives clientélistes qui minent l’intégrité des institutions publiques gabonaises.







