[Gabon – Société] UOB : les enseignants-chercheurs refusent de céder le moindre franc sur leurs arriérés de vacations

Libreville, 17 octobre 2025 — Les enseignants-chercheurs de l’Université Omar Bongo (UOB), réunis au sein du Syndicat national des enseignants-chercheurs (SNEC-UOB), ont tenu ce vendredi une assemblée générale décisionnelle placée sous le sceau de la fermeté. Au cœur des échanges : la question épineuse des arriérés de vacations que l’État peine à solder depuis plusieurs années.
À l’unanimité, les membres du SNEC-UOB ont exprimé leur refus catégorique de voir retranché le moindre centime des montants qui leur sont dus. « Nous rejetons toute idée de réduction du reliquat à payer. Pas un seul franc ne sera abandonné », a martelé Mathurin Ovono Ébé, président du syndicat, devant une assemblée particulièrement mobilisée.

Quelques jours plus tôt, un préavis de grève avait été adressé à la ministre de l’Enseignement supérieur. Une démarche qui a rapidement conduit à une ouverture de négociations entre les représentants des enseignants, la Présidence de la République et le Rectorat. Conformément aux dispositions légales, le mouvement de grève a été provisoirement suspendu, le temps que les discussions aboutissent.
Selon M. Ovono Ébé, les échanges ont permis de clarifier plusieurs points : « Sur les 715 millions de francs CFA de dettes de l’UOB, le Président de la République a consenti à en payer la moitié. Mais cette estimation est faussée, car en mars 2025, une note transmise par les établissements supérieurs de Libreville faisait état d’un montant global avoisinant les 2 milliards de francs CFA. Ce chiffre avait d’ailleurs été sous-évalué, certains établissements n’ayant pas communiqué leurs chiffres dans les délais requis. »
Il précise en outre : « Lorsque le Chef de l’État a ordonné le paiement d’un milliard, l’UOB n’a effectivement perçu que 150 millions. Nous refusons donc de renoncer au reste de la dette. Le Président avait pris l’engagement de régler la moitié, laissant aux établissements la charge de couvrir la seconde moitié sur leurs propres fonds. »
Or, selon le syndicat, certaines autorités universitaires auraient mal interprété cette décision présidentielle, croyant que les enseignants avaient accepté de renoncer à une partie de leurs créances. Une confusion que les enseignants-chercheurs rejettent avec vigueur : « Nous n’avons jamais consenti à abandonner quoi que ce soit. Nos revendications demeurent inchangées. »
Outre la question financière, l’assemblée a également évoqué d’autres sujets cruciaux, notamment la saturation des capacités d’accueil, la détérioration des infrastructures universitaires et la persistance de l’insécurité au sein du campus, autant de problèmes qui minent le quotidien de la communauté académique.
Face à cette situation, le SNEC-UOB appelle les autorités compétentes à honorer leurs engagements et à restaurer la confiance entre le corps enseignant et l’administration. Dans le cas contraire, le syndicat se réserve le droit de reprendre son mouvement de grève dans les prochains jours.







