[Gabon – Société] Asphyxiés par plusieurs années d’impayés : les responsables des grandes écoles privées lancent un cri d’alarme à Brice Clotaire Oligui Nguema

Libreville, 18 octobre 2025 — L’exaspération est à son comble dans les rangs des chefs d’établissements supérieurs privés du Gabon. Après plusieurs années d’arriérés de paiement, ces acteurs de la formation universitaire tirent la sonnette d’alarme et interpellent le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, afin de trouver une issue urgente à une situation financière devenue insoutenable.

À la suite d’une assemblée générale le mercredi 15 octobre dernier, les responsables des établissements membres de la Conférence Gabonaise des Grandes Écoles et Universités du Privé (CGEUP) ont livré, au cours d’un point de presse le vendredi 17 octobre dernier, un message empreint d’inquiétude et d’espoir. À travers leur président, le professeur Jean-Louis Nkoulou Nkoulou, agrégé en économie et professeur titulaire, ils ont dénoncé la spirale d’endettement dans laquelle leurs institutions se trouvent piégées du fait du non-paiement prolongé des frais de scolarité des étudiants boursiers orientés par l’État.
« Conscients des difficultés de trésorerie que traverse le pays, nous avons formulé plusieurs propositions viables. Parmi elles, la mise en place d’un partenariat avec des institutions financières prêtes à nous accompagner, à condition qu’une lettre de garantie soit émise par le gouvernement », a expliqué le Pr Nkoulou Nkoulou.
Cette proposition, selon lui, présenterait un double avantage : permettre d’une part le règlement rapide des dettes accumulées, et d’autre part, garantir un mécanisme de financement durable pour la modernisation des infrastructures, la maintenance des équipements et l’amélioration du cadre d’apprentissage des étudiants.
Malheureusement, cette initiative peine encore à obtenir l’aval des autorités compétentes.
Trois années d’attente et de précarité
Cela fait désormais près de trois ans — couvrant les exercices 2023-2024, 2024-2025 et 2025-2026 — que la situation perdure, plongeant les établissements privés dans une asphyxie financière chronique.
Les retards de paiement menacent non seulement la pérennité des institutions concernées, mais également l’avenir académique de milliers d’apprenants.
Face à cette impasse, la CGEUP a résolu de faire appel à la solidarité des parents d’étudiants boursiers, les invitant à préfinancer temporairement les frais de scolarité de leurs enfants, en attendant le remboursement par l’État une fois les versements effectués.
« Nous sollicitons humblement le regard compatissant du Président de la République, Chef de l’État, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, afin qu’il nous aide à trouver une solution rapide à cette crise qui ne saurait s’éterniser, surtout en cette première rentrée universitaire de la 5ᵉ République », ont-ils plaidé.
Un engagement renouvelé envers la jeunesse
Malgré les difficultés, les membres de la CGEUP réaffirment leur détermination à maintenir la qualité de la formation et à poursuivre leur contribution à la vision du Chef de l’État pour un Gabon souverain et économiquement fort.
« Nous demeurons résolument engagés à former nos étudiants, nos enfants, et à concevoir des offres de formation alignées sur les axes prioritaires de développement définis par le Chef de l’État. Nous voulons participer pleinement à la transformation locale des ressources, notamment humaines, indispensables à la souveraineté économique nationale », a conclu le président de la Conférence.







