2 décembre 2025

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Gabon – Politique] Escalade verbale : Raymond Ndong Sima promet une réplique « sans équivoque » à Séraphin Moundounga

Libreville, 30 septembre 2025 – Le climat politique post-électoral continue de se tendre au Gabon. Au lendemain des élections législatives et locales du 27 septembre, le ton est monté entre deux figures emblématiques de la Transition : le Vice-président de la République, Séraphin Moundounga, et l’ancien Premier ministre Raymond Ndong Sima, président du parti Alliance Patriotique. En toile de fond : la légitimité d’un scrutin contesté… et une querelle d’autorité qui pourrait ébranler les derniers équilibres de la Transition menée par Brice Clotaire Oligui Nguema.

Dans une déclaration publique diffusée le 29 septembre, Séraphin Moundounga s’est réjoui du déroulement globalement « acceptable » des élections couplées, malgré les nombreuses plaintes et incidents signalés dans plusieurs localités. Une sortie qui, à elle seule, aurait pu passer pour un exercice de communication gouvernementale. Mais c’est surtout la charge explicite contre Raymond Ndong Sima qui a fait l’effet d’une bombe.

Le Vice-président n’a pas hésité à pointer du doigt l’ancien Premier ministre de la Transition comme étant en d’autres termes, « l’un des instigateurs de la grogne populaire » autour de l’organisation du scrutin.

Réaction fulgurante depuis le septentrion

La réplique de Raymond Ndong Obiang ne s’est pas fait attendre. Depuis le nord du pays où il avait accompli son devoir civique, le leader de l’Alliance Patriotique a utilisé son compte Facebook pour annoncer une réponse de grande ampleur. « Je viens d’écouter l’audio du Vice-Président de la République, M. Séraphin Moundounga. Il me met gravement en cause au sujet des incidents survenus à l’occasion des scrutins du 27 septembre. Toujours dans le nord où j’ai voté, je lui répondrai à l’occasion d’un point de presse que j’organiserai dès mon retour à Libreville », a-t-il écrit le 30 septembre.

Un message sobre, mais lourd de sous-entendus. En privé, ses proches évoquent une « contre-offensive politique d’envergure » et promettent une « mise au point implacable ».

Une fracture inquiétante au sommet de la Transition

Cette passe d’armes entre deux piliers de l’architecture transitionnelle soulève de vives inquiétudes. Car au-delà des mots, c’est une fracture qui semble se dessiner. L’un incarne aujourd’hui le pouvoir exécutif en place, l’autre, une voix critique de plus en plus audible. « Ce genre de confrontation publique entre le Vice-président de la République et un ancien Premier ministre fragilise dangereusement la cohésion du dispositif transitionnel », analyse un observateur politique à Libreville. « On ne peut pas reconstruire la démocratie sur les décombres de querelles intestines. »

Le scrutin du 27 septembre, catalyseur d’un malaise plus profond ?

Au cœur de cette querelle : l’organisation chaotique des élections législatives et locales. De nombreuses formations politiques, dont l’Alliance Patriotique de Ndong Obiang, dénoncent un processus électoral vicié par des irrégularités flagrantes : bourrages d’urnes, acheminements douteux d’électeurs, listes électorales controversées, et soupçons d’achat de conscience. Autant d’éléments qui viennent entacher la crédibilité du scrutin… et amplifier la contestation.

Alors que Moundounga parle de « scrutin globalement réussi », Raymond Ndong parle, lui, d’une mascarade électorale. Deux visions, deux lectures, deux ambitions pour le Gabon.

Un point de bascule pour la fin de la Transition ?

Cette guerre des mots, si elle se transforme en conflit politique ouvert, pourrait compromettre la dernière phase de la Transition gabonaise. Le président Oligui Nguema, artisan de cette période transitoire, se retrouve désormais face à un dilemme : arbitrer, trancher, ou apaiser.

Le retour annoncé de Raymond Ndong à Libreville et la conférence de presse promise pourraient redistribuer les cartes. Si sa « réponse sans équivoque » se révèle explosive, elle pourrait non seulement raviver les tensions internes mais également fissurer la façade d’unité que la Transition s’efforce de projeter depuis août 2023.

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