2 décembre 2025

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Plaine-Orety : Oligui face à la réalité du terrain

Dans la pénombre de cette nuit du 15 au 16 juin, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a brisé le protocole habituel pour se rendre directement au cœur d’une polémique qui enflamme les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Destination : le quartier Plaine-Orety, théâtre des récents déguerpissements qui ont suscité un tollé national.

Une vérité loin des clameurs virtuelles

Sur le terrain, la réalité tranche avec les accusations virulentes qui circulent en ligne. Autour d’un feu de camp improvisé, 56 personnes seulement – 45 adultes et 11 enfants – campent encore sur les lieux, bien loin des « milliers de familles laissées à la rue » dénoncées sur les plateformes numériques. Ces chiffres, confirmés par les services municipaux et les représentants locaux, révèlent l’ampleur de la désinformation qui a accompagné cette affaire.

La rencontre entre le chef de l’État et les déguerpis a donné lieu à des échanges francs et révélateurs. La plupart des personnes présentes ont reconnu leur incapacité à présenter des titres de propriété légaux pour ces terrains appartenant à l’État. Mieux encore, ils ont exprimé leur compréhension du projet gouvernemental, réclamant simplement plus de transparence et un accompagnement adapté.

« Prenez un Gabonais plutôt que des sardines ! »

Mais c’est leur colère contre l’instrumentalisation politique qui a marqué les esprits. « Si certains hommes politiques qui se disent humanistes pouvaient accepter de prendre un Gabonais, plutôt que de donner des boîtes de sardines ou de l’eau, alors qu’on sait tous qu’ils ont des grandes villas à Angondjé, on ne serait plus là ! », ont-ils lancé avec amertume.

Cette sortie spontanée met en lumière une fracture béante : d’un côté, des populations en détresse qui aspirent à des solutions durables ; de l’autre, une classe politique accusée de se contenter de charité médiatique tout en vivant dans l’opulence des quartiers huppés de la capitale.

L’héritage empoisonné de l’ancien régime

Le gouvernement justifie le choix de Plaine-Orety comme premier site d’intervention par le fait que les populations avaient déjà été dédommagées sous l’ancien régime. Mais sur le terrain, la réalité est plus nuancée : si certaines familles ont effectivement perçu des compensations, d’autres sont restées sur le carreau, créant un imbroglio juridique et social complexe.

Cette visite nocturne du président Oligui révèle une approche pragmatique du pouvoir actuel, privilégiant le contact direct avec les populations plutôt que les effets d’annonce. Reste à savoir si cette proximité se traduira par des mesures concrètes pour résoudre durablement la question du logement des plus démunis.

Dans un Gabon en pleine transition, l’épisode de Plaine-Orety illustre parfaitement les défis qui attendent les nouvelles autorités : réconcilier développement urbain et justice sociale, tout en naviguant dans les eaux troubles de l’héritage du passé.

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