Gabon : Face à l’horreur des crimes rituels, Dieudonné Minlama Mintogo appelle à un sursaut de « volonté politique »

Face à la recrudescence des homicides à visée fétichiste qui endeuillent le pays, la voix de Dieudonné Minlama Mintogo s’élève pour pointer une défaillance systémique. Entre indignation populaire et velléités de retour à la peine de mort, l’ancien candidat à la présidentielle appelle à un sursaut de « volonté politique » pour extirper définitivement ce mal de la société gabonaise. C’est du moins ce qu’on peut entrevoir dans sa dernière publication officielle sur son compte Facebook en date du 13 janvier dernier
Depuis le dernier trimestre de l’année 2025, le Gabon est replongé dans ses heures les plus sombres. Alors que les ménages ploient déjà sous le fardeau de la vie chère, les pénuries d’eau récurrentes et une crise énergétique chronique, la grève de enseignants, l’insécurité vient porter l’estocade au moral des populations. Au cœur de ce marasme, le spectre des crimes dits « rituels » ressurgit, maculant de sang l’image du pays. Pas un mois, une semaine ne passe sans qu’un corps ne soit découvert, mort dans des conditions souvent similaires les uns après les autres.
Le point de rupture a été atteint avec la tragédie du jeune Cameron Loko, dont la disparition et la découverte macabre au bas de son domicile dans le 6ème arrondissement de Libreville ont agi comme un véritable détonateur. Cette énième horreur a été la « goutte d’eau » qui a fait déborder le vase d’une exaspération populaire devenue incandescente.
Le spectre de la guillotine : Une réponse à l’ignominie ?
Face à l’émoi national, le Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, est monté au créneau. Condamnant avec la dernière énergie cet acte abject, il a instruit les services compétents de traquer les auteurs sans relâche. Mais c’est surtout l’évocation d’un possible rétablissement de la peine de mort, pourtant abolie par le passé, qui cristallise aujourd’hui les débats.
Cette perspective, qui divise autant qu’elle interroge la société civile et les défenseurs des droits de l’homme, est perçue par certains comme l’ultime rempart contre la barbarie, tandis que d’autres y voient une régression juridique qui ne règle pas le problème dans sa profondeur.
Le diagnostic de Minlama Mintogo : Au-delà du code pénal
Pour Dieudonné Minlama Mintogo, l’enjeu ne se situe pas dans l’escalade de la sévérité des peines, mais dans l’efficacité de l’action publique. Dans une tribune publiée ce 13 janvier sur ses réseaux sociaux, le natif de Bitam estime que « la persistance de la pratique des crimes rituels n’est pas due à la faiblesse de la sanction. Juste une volonté politique affirmée et le Gabon sera débarrassé de cette ignominie », martèle-t-il.
L’homme politique pointe du doigt l’impunité qui semble entourer ces dossiers sensibles. À travers une série de questions rhétoriques cinglantes, il interpelle l’exécutif sur l’aboutissement des procédures judiciaires : « Combien d’enquêtes ont réellement été élucidées ? Où sont les commanditaires, ces « mains invisibles tapis dans l’ombre ? Quels réseaux mafieux ont été démantelés à ce jour ?
L’appel à la rupture
En appelant les autorités de la Ve République à faire de 2026 l’année du « grand nettoyage », Dieudonné Minlama Mintogo place le curseur sur la responsabilité de l’État. Pour lui, l’éradication de ce fléau ne passera pas par de simples annonces de fermeté, mais par un démantèlement rigoureux des structures qui permettent à ces crimes de prospérer.





