Madagascar : La Gen Z s’insurge contre l’invitation d’Andry Rajoelina au dialogue national

La controverse enfle à Madagascar. Dans un communiqué cinglant diffusé ce mardi via sa plateforme officielle de communication, le mouvement Gen Z Madagascar a vertement fustigé l’annonce du FFKM confirmant l’invitation d’Andry Rajoelina au dialogue national. Une décision qui soulève un tollé au sein de la jeunesse militante et jette une ombre sur la sincérité du processus de concertation nationale.
Pour les représentants de la Gen Z, cette convocation relève de l’aberration politique. Comment justifier, s’interrogent-ils avec véhémence, que les acteurs de terrain ayant ardemment combattu pour leurs convictions se retrouvent évincés du débat, tandis qu’une personnalité qualifiée de « criminelle » et dont la nationalité malgache fait l’objet de vives contestations se voit octroyer une place de choix dans un processus censé rassembler l’ensemble du peuple malgache ?
« Cette invitation constitue un camouflet à tous les militants qui se sont mobilisés pour défendre leurs droits », tempête le mouvement dans sa déclaration. Une indignation qui traduit le sentiment d’exclusion et de trahison ressenti par une jeunesse qui s’était pourtant engagée corps et âme dans la bataille pour le changement.
Le FFKM accusé de partialité
Au-delà de la simple contestation, la Gen Z Madagascar pointe du doigt ce qu’elle considère comme une défaillance chronique du FFKM. Selon le mouvement, cette décision dévoile une partialité tenace de l’institution religieuse, qui contrevient frontalement au décret promulgué par le Premier ministre encadrant le dialogue national.
L’organisation œcuménique, traditionnellement positionnée comme garante de la neutralité et de l’inclusivité dans les processus politiques malgaches, voit ainsi sa crédibilité écornée par cette invitation jugée discriminatoire. Comment une instance supposément impartiale peut-elle légitimer la présence d’une figure aussi clivante tout en marginalisant ceux qui incarnent l’espoir d’un renouveau démocratique ?
Le Président de la Refondation dans la ligne de mire
Le mouvement ne s’arrête pas là et élargit son tir critique en direction du Président de la Refondation lui-même. Avec une audace qui ne souffre d’aucune ambiguïté, la Gen Z postule que si l’on en est arrivé à une telle dérive, c’est que des influences occultes et peu recommandables gravitent dans l’entourage du chef de la transition.
« Des forces douteuses manipulent les ficelles dans l’ombre », dénonce le mouvement, suggérant l’existence de pressions souterraines visant à réhabiliter coûte que coûe l’ancien président dans le paysage politique. Une accusation grave qui met en cause l’autonomie décisionnelle des nouvelles autorités et interroge sur la sincérité de leur engagement réformateur.
Une légitimité écorchée, une confiance ébranlée
Pour la jeunesse mobilisée, convier une personnalité dont la légitimité même à se dire Malgache est remise en cause constitue bien davantage qu’un simple faux pas diplomatique. C’est un affront symbolique qui gangrène la crédibilité du dialogue national et sape les fondations de la confiance que les jeunes générations avaient commencé à accorder à ce processus annoncé comme fondateur d’une nouvelle ère politique.
Comment adhérer à une concertation nationale qui, dès sa genèse, bafoue les principes d’équité et de représentativité ? Comment croire en un dialogue inclusif qui exclut les acteurs de la contestation populaire tout en accueillant à bras ouverts ceux-là mêmes contre qui cette contestation s’était élevée ?
Un dialogue national sous haute tension
Cette levée de boucliers de la Gen Z Madagascar ne présage rien de bon pour la sérénité du dialogue national à venir. En marginalisant une frange significative de la jeunesse militante – celle-là même qui avait été le fer de lance des mobilisations récentes –, les organisateurs prennent le risque d’organiser une grand-messe politique vidée de sa substance et dépourvue de légitimité populaire.
Le paradoxe est saisissant : un processus baptisé « dialogue national » qui, avant même son ouverture, exclut une partie substantielle de la nation et privilégie le retour sur scène d’une figure controversée. Une équation difficilement tenable pour un exercice qui se veut refondateur et rassembleur.






