4 décembre 2025

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Gabon : Le réquisitoire implacable du Dr Peter Assaghle, banni de la profession d’avocat sans justification légale

Libreville, le 3 décembre 2025 (Dépêches 241) – Dépouillé de son droit d’exercer sa profession depuis son rapatriement au Gabon, le Dr Peter Stephen Assaghle, juriste d’exception formé dans les institutions académiques françaises les plus prestigieuses, interpelle solennellement le Chef de l’État à travers une missive bouleversante que nous reproduisons intégralement.

LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE BRICE CLOTAIRE OLIGUI NGUEMA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE GABONAISE

Objet : VOUS NOUS EXHORTEZ AU RETOUR, MAIS L’ON NOUS INTERDIT DE SERVIR

Monsieur le Président de la République,

Je vous adresse ces lignes le cœur étreint, mais la détermination intacte.

Je me nomme Peter Stephen ASSAGHLE.

J’appartiens à cette catégorie de citoyens dont l’identité ne bénéficie d’aucun réseau d’influence capable de déverrouiller les portes d’une société gangrénée par le clientélisme. Dès l’enfance, souvent l’estomac creux mais l’ambition chevillée au corps, je me suis acharné à conférer à ce patronyme une noblesse qui ne relève ni de la vanité ni de l’arrogance, mais de l’engagement, de la contribution à la grandeur nationale.

Mon existence, mon avenir tout entier, je les ai dédiés à l’excellence académique. J’ai consumé mes jours et mes nuits sur les pupitres scolaires, du cycle primaire au secondaire, invariablement en tête de promotion, jusqu’à l’obtention du baccalauréat en 2008. Ensuite, bénéficiant d’une allocation de l’État gabonais, j’ai pris l’envol vers la France, animé par la conviction inébranlable de celui qui s’exile pour mieux revenir, le regard tourné vers l’horizon.

Durant plus d’une décennie, j’ai voué mon existence à l’étude approfondie du droit : licence, master, doctorat, puis l’École de formation du Barreau, jusqu’à prononcer le serment solennel et exercer la magistrale profession d’avocat durant près de deux années au Barreau de la Drôme. Là-bas, j’ai défendu des justiciables, plaidé des causes, acquis une expertise, forgé ma maturité professionnelle. Mais au plus profond de mon être, une certitude s’amplifiait : ma véritable destinée se trouvait ici, au Gabon, au service de ma nation, de son système judiciaire, de son peuple.

J’ai donc accompli ce que vos allocutions réclament avec insistance : rentrer au bercail. Revenir avec mon savoir-faire, mon expérience professionnelle, mon dynamisme, ma foi patriotique. Répondre à cet appel lancé urgemment à la diaspora : « Rapatriez-vous pour œuvrer au développement national ».

J’ai tout abandonné. Un cabinet juridique où j’étais parfaitement établi, une existence stable et prospère, et, déchirement plus cruel encore, mes deux enfants qui, chaque crépuscule, versent des larmes en implorant leur père par téléphone avant leurs prières nocturnes. Néanmoins, j’ai franchi le pas.

Je suis revenu, mais à mon arrivée, les portes que j’espérais béantes suite à votre invitation se sont brutalement refermées. Le Conseil de l’Ordre des Avocats du Gabon a, sans le moindre fondement juridique, ajourné arbitrairement ma demande d’inscription au Barreau, la reléguant aux calendes grecques. Une fin de non-recevoir qui, au-delà de ma situation personnelle, adresse un signal désastreux à toute une génération : « même si vous revenez, nous pourrions vous interdire d’exercer ».

Monsieur le Président,

Je ne possède qu’une seule qualification : le droit. Je ne sais ni conduire un taxi, ni tenir un étal au marché, ni interpréter des mélodies, ni édifier des infrastructures routières. Je sais défendre, plaider, appliquer la législation. Telle est ma vocation, ma profession, mon sacerdoce.

Je vous interroge donc : comment édifier un Gabon robuste si l’on empêche ses propres enfants d’y apporter leur contribution ? Comment convaincre la diaspora de se rapatrier, si ce retour s’achève dans l’humiliation bureaucratique ?

Je ne suis pas venu solliciter une faveur. Je suis venu revendiquer un droit fondamental : celui, pour un citoyen gabonais diplômé et assermenté, de servir la justice de sa patrie. Je suis venu partager une expertise, un savoir-faire, et non me voir opposer des prétextes qui, en réalité, n’ont d’autre objectif que de m’écarter pour des motifs fallacieux.

Ce refus, au-delà de mon cas particulier, questionne la cohérence de nos politiques publiques : faut-il comprendre que l’appel à la diaspora n’est qu’un slogan creux ? Faut-il conclure que notre nation n’est pas disposée à accueillir ses propres enfants ? Ou faut-il admettre que nous préférons voir les compétences gabonaises s’épanouir à l’étranger plutôt que sur notre sol ?

Monsieur le Président,

Je ne vous écris pas pour contourner une institution. Je vous écris pour dénoncer publiquement ce que beaucoup endurent dans le silence. Si la bonne volonté des fils et filles de cette nation se fracasse contre des logiques corporatistes, alors nous perdrons bien davantage qu’un avocat : nous perdrons la confiance populaire, nous perdrons l’espoir collectif, nous perdrons notre avenir.

Je ne suis qu’un exemple parmi tant d’autres. Mais je vous demande solennellement d’ouvrir les yeux sur ce paradoxe qui vide de toute substance l’appel que vous lancez.

Vous détenez le pouvoir et le devoir de créer les conditions d’un véritable retour de la diaspora. Cela implique une responsabilité impérieuse : celle de démanteler les obstacles superflus, de moderniser les procédures administratives, de faire respecter le droit, et de rappeler à tous ceux qui dirigent des institutions, quelles qu’elles soient, non seulement que ces structures ne constituent pas leur propriété privée, mais également que servir le Gabon n’est pas un privilège réservé à quelques-uns mais un devoir partagé par tous.

Monsieur le Président,

Voilà une année entière que je suis rentré au pays. Ne me contraignez pas à repartir.

Peter Stephen ASSAGHLE
Docteur en droit
Citoyen Gabonais

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