2 décembre 2025

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Guinée-Bissau : Le général Horta N’Tam s’installe au palais présidentiel après un putsch éclair

BISSAU — Le ballet des pronunciamientos se poursuit en Guinée-Bissau. Ce jeudi 27 novembre, le général Horta N’Tam a été solennellement investi « président de la transition » pour une durée d’un an, au lendemain d’un énième coup d’État qui vient alourdir le lourd bilan démocratique de ce petit État côtier coincé entre le Sénégal et la Guinée-Conakry.

La cérémonie d’investiture s’est déroulée au siège de l’état-major des armées, transformé en forteresse avec son déploiement impressionnant de militaires lourdement armés. Le nouveau maître de Bissau, ancien chef d’état-major de l’armée de terre et proche du président déchu, a prêté serment devant ses pairs en uniforme, scellant ainsi la mainmise de la junte sur les institutions.

Mercredi 26 novembre : quand les armes ont parlé à la place des urnes

L’étincelle qui a embrasé la capitale a jailli mercredi en milieu de journée. Alors que le pays retenait son souffle dans l’attente des résultats provisoires de la présidentielle du 23 novembre, des rafales d’armes automatiques ont déchiré l’atmosphère aux abords du palais présidentiel. La population, habituée aux soubresauts politiques, a immédiatement compris que l’Histoire bégayait une fois de plus.

Le brigadier général Denis N’Canha, chef du bureau militaire de la présidence, s’est alors fendu d’une allocution télévisée depuis le quartier général des forces armées. Dans un communiqué martial, il a annoncé la création d’un « Haut commandement militaire pour la restauration de la sécurité nationale et de l’ordre public », revendiquant le « contrôle total » du territoire national.

Les accusations explosives qui ont servi de prétexte

Pour justifier leur coup de force, les putschistes ont brandi un argument explosif : la découverte d’un « plan de déstabilisation » orchestré par une alliance sulfureuse entre « des responsables politiques, un baron de la drogue et des ressortissants étrangers ». Selon les militaires, les services de renseignement auraient mis au jour un arsenal d’armes dissimulé, constituant une menace imminente pour la stabilité du pays.

Cette rhétorique sécuritaire n’est pas sans rappeler les justifications habituelles des juntes militaires africaines. Pourtant, dans un pays réputé pour être une plaque tournante du trafic de cocaïne entre l’Amérique latine et l’Europe, l’argument ne peut être balayé d’un revers de main. La Guinée-Bissau est devenue au fil des années un maillon stratégique des filières narco-criminelles transatlantiques.

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