Budget 2026 : L’Assemblée Nationale de Transition adopte la Loi de Finances dans un climat de contestation sociale

L’Assemblée Nationale de Transition a adopté ce jour le projet de Loi de Finances pour l’exercice 2026, par un vote acquis à la majorité, malgré trois voix dissidentes. Parmi les opposants figure le député Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, qui dénonce un budget sacrifiant le volet social sur l’autel des dépenses de prestige.
Présenté par l’Exécutif afin de matérialiser le projet de société plébiscité à 94,87% par les Gabonais lors de l’élection du Président Brice Clotaire Oligui Nguema, ce budget n’a pas fait l’unanimité au sein de l’hémicycle. Aux côtés de Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, deux autres parlementaires — Lionel Ella Engonga et Marcel Libama — ont exprimé leur désaccord par un vote négatif.
Pour ces trois députés de la transition issus de la société civile, les griefs sont manifestes : « Les préoccupations sociales occupent une place marginale dans ce budget, tandis que plusieurs acquis sociaux ont été purement et simplement supprimés », martèle le député Foumboula. Toutefois, ces derniers se disent confiants quant à une prise en compte de leurs revendications lors du prochain collectif budgétaire rectificatif.
Des amendements rejetés pour réorienter 36 milliards vers le social
Usant de sa prérogative parlementaire d’amendement, Geoffroy Foumboula Libeka Makosso a proposé de ponctionner 36 milliards de francs CFA sur les 244 milliards alloués aux dépenses jugées ostentatoires — notamment les fonds de souveraineté — pour les réaffecter aux lignes budgétaires sociales amputées. Ses propositions de modification ayant essuyé un refus, le député a formellement émis des réserves sur plusieurs articles stratégiques du texte : les articles 210, 221, 250, 254, les articles 7 à 14, ainsi que les articles 16 et 42.
Ces réserves, conformes au règlement intérieur de l’Assemblée Nationale de Transition, ont été solennellement lues en séance plénière, en présence des membres du Gouvernement et du public.
« Le Gouvernement m’a rassuré quant à la prise en considération de ces observations et s’est engagé à consentir un effort substantiel en la matière », a déclaré le parlementaire, tout en adressant un avertissement aux autorités : « Aucun Gabonais ne s’oppose au développement national. Tous aspirent à voir leur pays progresser. Mais doivent-ils pour autant supporter un fardeau aussi écrasant, eux qui, à 94,87% comme moi, ont porté le Président Brice Clotaire Oligui Nguema au pouvoir ? Je ne le crois pas. »
Un vote symbolique : trois Lois de Finances, trois rejets
Cette Loi de Finances 2026 constitue le dernier exercice budgétaire de la législature transitoire. Fait notable : le député Foumboula n’a jamais apporté son suffrage à aucune des Lois de Finances votées durant toute la période de Transition. « Mon opposition systématique s’explique essentiellement par le déséquilibre flagrant entre le volet social et entrepreneurial, relégué au second plan, et le volet infrastructures qui capte l’essentiel des crédits », justifie-t-il, réaffirmant sa conviction qu’il est possible de « garantir un socle social minimum aux Gabonais tout en édifiant le pays ».
Un satisfecit nuancé au Ministre de l’Économie
Malgré ses divergences de fond, Geoffroy Foumboula a salué le travail du Ministre de l’Économie et des Finances, notamment pour avoir résorbé deux années de retard accumulées en matière de lois de règlement — un héritage encombrant du régime déchu. « Cela constitue une véritable prouesse », reconnaît le député.
Néanmoins, celui-ci tempère son propos : « Je comprends parfaitement la volonté gouvernementale affichée d’accélérer la transformation du pays, mais je demeure convaincu que cette ambition peut trouver un équilibre judicieux avec les impératifs sociaux des Gabonais. Car tout ce qui est entrepris l’est d’abord pour le citoyen. Des édifices imposants et des infrastructures rutilantes embellissent certes la carte postale, mais ne remplissent pas nécessairement l’assiette du citoyen démuni. »
Le membre de la société civile promet observer l’exécution du budget surtout le volet social.






