[Gabon-Politique] Camélia Ntountoume à Ntoum : Une élection législative empoisonnée par des préjugés d’un autre siècle ?

Par la Rédaction
Selon plusieurs sources concordantes au sein de la circonscription, une cabale s’échafaude à Ntoum pour torpiller la candidate Camélia Ntountoume Leclercq. Le grief brandì frise l’aberration historique : en tant que femme, elle serait inapte à gouverner le « village » – formulation aussi floue qu’éloquente de l’arrière-pensée patriarcale qui l’anime.
Cette rhétorique, si elle devait s’avérer fondée, dévoilerait une ignorance sidérante des fondamentaux démocratiques tout en exposant crûment une stratégie d’éviction politique camouflée sous les oripeaux de traditions fossilisées. Instrumentaliser le genre féminin comme motif de disqualification en plein XXIe siècle relève d’un obscurantisme qui jette l’opprobre sur ses propagateurs.
Au-delà de cette bourrasque politique nauséabonde se profile une problématique autrement plus tangible : celle d’une titulaire de portefeuille ministériel contrainte de jongler entre responsabilités gouvernementales et marathon électoral harassant. Son investissement sur le front des urnes a temporairement relégué au second plan les urgences de l’Éducation nationale, la condamnant à une gymnastique périlleuse entre amphithéâtres ministériels et estrades de campagne.
Chaque signature, chaque réception protocolaire, chaque mission officielle semblait devoir transiter par le prisme paralysant de cette joute électorale sans fin. La machine étatique elle-même, par ricochet, en subissait les contrecoups délétères. Cette asphyxie partielle du département ministériel illustre les écueils d’une architecture institutionnelle où les dignitaires gouvernementaux se voient sommés d’endosser concurremment la livrée du candidat en lice.
L’interrogation s’impose désormais avec une acuité brûlante : jusqu’à quel seuil peut-on tolérer que la gestion de la chose publique pâtisse des échéances électorales ? Le cas Ntountoume Leclercq met en lumière crue une problématique structurelle plus vaste, celle de l’antinomie pratique – à défaut d’être juridique – entre hautes charges exécutives et affrontements parlementaires.
Tandis que la ministre essaie de décrocher son fauteuil législatif, des chantiers éducatifs semblent être à l’arrêt, des arbitrages demeuraient en déshérence, des décisions capitales pour la trajectoire scolaire de milliers de jeunes Gabonais se voient ajournées sine die. Ce tribut payé sur l’autel des ambitions parlementaires appelle un examen de conscience collectif.






