[Gabon – Liberté de la presse]L’OPAM dénonce l’interpellation « indigne » du journaliste Harold Leckat, traité comme un délinquant

Libreville, 16 octobre 2025 – L’Organisation patronale des médias (OPAM) a exprimé, dans un communiqué au ton ferme, sa profonde indignation face à l’interpellation jugée « cavalière et humiliante » du journaliste Harold Leckat Igassela, directeur de publication du média en ligne Gabon Media Time (GMT). Ce dernier a été arrêté à sa descente d’avion, à l’aéroport international Léon Mba de Libreville, dans la soirée du 15 octobre, comme un délinquant, à son retour d’un stage de perfectionnement en France.
Selon l’OPAM, des agents de la Direction générale des recherches (DGR) ont procédé à son arrestation avant de le conduire manu militari dans leurs locaux, où il a passé la nuit. L’organisation dénonce une mise en scène disproportionnée, d’autant plus choquante que le journaliste avait, en amont, informé la DGR de sa disponibilité à se présenter spontanément à son retour au pays.
« La méthode employée est attentatoire à la dignité humaine et contraire à l’esprit de transparence qu’exige un État de droit. M. Harold Leckat n’est ni un terroriste, ni un fugitif, ni un individu susceptible de menacer la stabilité des institutions », déplore l’organisation. L’OPAM rappelle que la convocation adressée à GMT avait fait l’objet d’une réponse officielle, précisant que son directeur de publication se trouvait alors en mission à l’étranger. Malgré ces éléments, la DGR aurait choisi la voie de la spectacularisation répressive, ternissant l’image du pays et fragilisant le climat médiatique déjà précaire.
Si les raisons de cette interpellation restent à ce jour entourées d’un silence troublant, l’organisation s’étonne de l’absence de communication du procureur de la République, pourtant garant de la légalité des poursuites. Ce mutisme, souligne-t-elle, alimente la suspicion et la peur au sein de la corporation journalistique.
L’OPAM insiste sur le fait que, quelle que soit la nature du dossier, Gabon Media Time et son éditeur Global Media Time sont des entreprises de presse légalement constituées, opérant dans un secteur déjà fragilisé par la conjoncture économique et les pressions politiques. S’en prendre à elles, avertit-elle, revient à affaiblir un pan essentiel de la démocratie gabonaise et à compromettre le pluralisme médiatique.
En conséquence, l’Organisation patronale des médias exige la libération immédiate et sans condition de Harold Leckat Igassela, ainsi qu’une clarification publique sur les faits qui lui sont reprochés.
« La liberté de la presse ne se négocie pas : elle se protège, elle s’honore, elle se renforce », martèle le Bureau exécutif de l’OPAM, qui appelle les autorités à privilégier le dialogue plutôt que la coercition. Un rappel salutaire, à l’heure où le journalisme gabonais semble de plus en plus considéré non comme un contre-pouvoir, mais comme un délit.







