2 décembre 2025

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[Gabon – Société] Précarité, salaires irréguliers et avenir flou : l’IMIPDG au bord de la crise sociale ?

À Owendo, la grogne monte au sein de l’Institut des Maladies Infectieuses Professeur Daniel Gahouma (IMIPDG). Selon une source proche du dossier, plusieurs employés gabonais travaillant dans cette structure de référence traverseraient une situation professionnelle des plus préoccupantes. Entre absence de contrats, rémunérations irrégulières et perspectives incertaines, le malaise s’installe durablement.

Inauguré en grande pompe sous la Transition, l’établissement, censé être un pilier dans la lutte contre les maladies infectieuses, pourrait bientôt être secoué par un mouvement d’humeur sans précédent. Depuis plus d’un an, nombre d’agents — dépourvus de tout statut administratif clair — se disent exploités comme une main-d’œuvre permanente, sans reconnaissance ni stabilité. Leurs conditions de travail se dégradent : pas de documents officiels, salaires payés au compte-gouttes et environnement professionnel de plus en plus précaire.

Départs en cascade et désillusion généralisée

D’après nos informations, plusieurs agents ont déjà quitté l’institut, lassés par cette situation jugée intenable. « Nous avons des collègues qui sont partis ailleurs. Certains médecins fraîchement sortis des écoles et universités de santé auraient décidé de jeter l’éponge pour aller chercher mieux ailleurs. Comment continuer à venir ici sans salaire ? Même le transport est devenu un luxe », confie une employée rencontrée sur place, visiblement à bout.

La situation a pris une tournure dramatique pour certains. Des agents auraient été expulsés de leurs domiciles faute de paiement de loyer, tandis que d’autres, parents d’enfants, peinent encore à assurer la scolarité de leurs progénitures. Une réalité douloureuse qui illustre l’ampleur du désarroi au sein de cette institution pourtant essentielle au système de santé gabonais.

Silence de la tutelle et priorités ailleurs

Il y a quelques mois, l’IMIPDG a reçu une ambulance flambant neuve. Un geste salué, certes, mais jugé insuffisant par le personnel, qui espérait plutôt un bus — voire deux — pour faciliter les déplacements domicile-travail. Depuis, c’est le silence total du côté des autorités de tutelle.

Dans ces conditions, une interrogation s’impose : comment ces agents peuvent-ils offrir des soins de qualité lorsqu’eux-mêmes vivent dans une précarité constante ? La question reste entière, et mérite, à elle seule, tout son pesant d’or.

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