20 février 2026

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[Gabon-Société] Presse gabonaise : l’APIC et l’ambassade de France parlent d’un partenariat stratégique pour un journalisme de qualité

Libreville, 19 février — Dans un contexte de transition politique marqué par une presse sous pression, l’Association des professionnels de l’information et de la communication a engagé un dialogue structurant avec la diplomatie française. Objectif affiché : assainir l’espace médiatique gabonais et ériger des remparts contre les dérives informationnelles.

C’est dans une atmosphère studieuse et constructive que des membres de l’APIC, emmenés par leur président Abel Eyeghe, ont été reçus jeudi à l’ambassade de France à Libreville. En face d’eux, Julie Schwab, attachée de coopération, et Quentin Da Silva, conseiller politique et presse — deux interlocuteurs au fait des enjeux médiatiques de la sous-région.

Un document qui fait date
Pièce maîtresse de cette rencontre, la remise officielle de la note électorale de l’APIC a cristallisé l’attention. Ce rapport de fond, méthodiquement élaboré, dissèque la mécanique de production et de diffusion des fausses informations lors des élections législatives et locales de 2025. Un travail d’analyse rigoureux qui témoigne de la maturité croissante de l’association et de sa volonté de documenter, preuves à l’appui, les pathologies qui gangrènent le débat public gabonais.
Reformer pour mieux informer
Au-delà de cet acte protocolaire, les échanges ont embrassé un spectre plus large. La relance des cafés des médias — ces agoras professionnelles longtemps mises en veille — figure en bonne place dans la feuille de route de l’APIC. Ces espaces de confrontation et de montée en compétences constituent, aux yeux de l’association, un levier indispensable pour reconstruire une culture journalistique solide et éthique.
La formation s’est imposée comme l’autre pilier incontournable des discussions. Dans un paysage médiatique où la frontière entre information et intoxication s’efface dangereusement, l’APIC plaide pour un accompagnement renforcé des journalistes en exercice comme des nouvelles recrues. Maîtrise du fact-checking, décryptage des algorithmes, résistance aux pressions éditoriales : autant de compétences désormais vitales pour qui entend exercer ce métier avec rigueur et indépendance.
Vers une alliance durable
Les deux parties se sont séparées avec, dans les cartons, l’espoir de collaborations concrètes et pérennes. Si les contours de ce partenariat restent à préciser, le signal envoyé est sans équivoque : la France entend s’impliquer activement dans la structuration d’un espace médiatique gabonais plus sain, et l’APIC y voit une opportunité historique de repositionner la presse locale comme acteur crédible et incontournable de la vie démocratique.

Car c’est bien là l’enjeu ultime : dans un Gabon en pleine recomposition institutionnelle, une presse libre, formée et responsable n’est pas un luxe — c’est une nécessité démocratique.

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