Décès d’un enseignant au LPIG : Quid du silence de l’État plus d’une semaine après ?

Il s’est éteint debout, presque. Craie dans une main, brosse dans l’autre. Le 1er décembre 2025, en pleine leçon d’histoire-géographie, Alexandre Nguema Bibang, 61 ans, professeur au Lycée Paul Indjendjet Gondjout (LPIG) de Libreville, s’est affaissé sous les yeux de ses élèves. Cinquante minutes de cours banales métamorphosées, brutalement, en scène de tragédie nationale. Plus d’une semaine après, une autre chute, plus vertigineuse encore : celle du mutisme officiel. Stupéfiant !
Depuis cette disparition foudroyante, l’indignation ne faiblit pas. Elle s’amplifie même, dans les amphithéâtres, dans les familles, sur les plates-formes numériques, au sein de cette communauté éducative déjà exsangue. Mais côté ministère de l’Éducation nationale et autorités gouvernementales, le vide absolu. Aucun message officiel. Aucune délégation de sympathie. Aucune parole pour l’épouse endeuillée. Aucun soutien pour les orphelins. Pas même un hommage formel pour ces 33 années de dévouement au service de la nation.
Dans toute République qui se respecte, la mort d’un enseignant en pleine mission commande, à tout le moins, une réponse institutionnelle. Des condoléances officielles. Une présence protocolaire. Une déclaration publique. Ici, néant. Le ministère de l’Éducation nationale, pourtant directement concerné, persiste dans son mutisme. Une posture qui alarme l’entourage du défunt et de nombreux membres du corps enseignant.
Ce drame fonctionne comme un analyseur. Il expose crûment l’isolement des pédagogues, régulièrement abandonnés à leur sort, insuffisamment protégés, sous-rémunérés, submergés de tâches, et désormais, même pas officiellement salués lorsqu’ils succombent sur le front du savoir.
Car l’évidence s’impose : Alexandre Nguema Bibang est décédé en mission, au tableau noir, face à ses apprenants. Il ne s’est pas éteint dans la discrétion d’un foyer, mais dans l’accomplissement même de sa vocation républicaine. Et pourtant, l’État, jusqu’à présent, a opté pour la stratégie du silence.
Au-delà des instants de recueillement observés dans quelques établissements publics et privés en sa mémoire, c’est la réaction des autorités qui est ardemment espérée. Car il a rendu l’âme, la craie à la main.







