2 décembre 2025

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[Gabon–Économie] Jean Jacques Evouna alerte sur un budget 2026 jugé « déconnecté de la réalité économique »

La situation économique du Gabon continue d’inquiéter les spécialistes. Dans une publication datant du 22 novembre 2025, Jean Jacques Evouna, président du Conseil Gabonais du Patronat (CGP), s’est longuement penché sur les projections budgétaires du gouvernement pour l’année 2026. Selon lui, la perspective d’un budget dépassant la barre des 7 000 milliards de francs CFA soulève de nombreuses interrogations, notamment au regard des signaux préoccupants envoyés par les institutions financières internationales.

Pour l’homme d’affaires, ce budget donne « l’impression d’un surréalisme économique » tant il semble déconnecté du contexte actuel. Il estime qu’avant toute validation définitive, l’État gagnerait à analyser avec lucidité les alertes émises sur la fragilité structurelle de l’économie gabonaise.

Un projet de budget 2026 jugé trop optimiste

En analysant la loi de finances 2026, Jean Jacques Evouna rejoint les critiques formulées par des agences de notation comme Fitch Ratings, qui qualifie les projections gouvernementales d’« excessivement optimistes ». L’agence pointe notamment une prévision de croissance de 7,9 %, alors que la croissance réelle du pays serait plus proche de 2,6 %, selon ses estimations.

Fitch tire également la sonnette d’alarme sur un déficit budgétaire vertigineux de 15 %, difficile à financer dans le contexte actuel. À cela s’ajoute une augmentation spectaculaire des dépenses d’investissement (+570 %), qui apparaît difficilement soutenable sans un apport massif de financements extérieurs.

L’agence met aussi en garde contre un risque élevé de surendettement, la dette publique pouvant avoisiner les 90 % du PIB si les choix budgétaires ne sont pas ajustés. Le budget repose par ailleurs fortement sur la mobilisation de financements étrangers, notamment une hypothétique assistance du FMI.

Enfin, plusieurs mesures dites sociales, dont la suppression des subventions sur les produits pétroliers ou les nouvelles taxes environnementales, suscitent des critiques quant à leur impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

La défense du gouvernement : un budget de transformation

Face à ces critiques persistantes, le gouvernement met en avant la mise en œuvre de la méthode du Budget Base Zéro (BBZ). Cette approche, selon les autorités, vise à rationaliser la dépense publique, accroître la transparence et renforcer la discipline budgétaire. Le BBZ permettrait notamment de revoir en profondeur les priorités nationales et de redéfinir les allocations financières.

Le gouvernement affirme vouloir dynamiser la croissance hors pétrole grâce à d’importants investissements dans les infrastructures, le numérique, l’énergie, l’hydraulique et le logement. Ces orientations, rapportées par Gabonreview, s’inscrivent dans une volonté de rompre avec les cycles de dépendance économique et d’élargir la base productive du pays.

Parallèlement, le ministère de l’Économie accélère la digitalisation des recettes fiscales, un chantier salué par l’Agence Ecofin. Cette modernisation devrait permettre d’améliorer la collecte des impôts, de réduire les pertes et d’optimiser les flux financiers de l’État.

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