[Gabon – Politique] Incarcération du journaliste Harold Leckat : le FDS dénonce une dérive autoritaire et exige des éclaircissements du Parquet

Au lendemain de l’écrou du journaliste Harold Leckat à la maison d’arrêt de Libreville, intervenu le lundi 20 octobre dernier à la suite d’un mandat de dépôt aux motifs encore nébuleux, le Front Démocratique Socialiste (FDS) d’Ange Kevin Nzigou monte au créneau et dénonce une manœuvre à caractère éminemment politique.
Le Front Démocratique Socialiste a pris acte avec stupéfaction de la mise sous écrou préventif de Monsieur Harold Leckat, directeur de publication du média Gabon Media Time, organe de presse solidement ancré dans le paysage journalistique national. À ce stade, nulle communication officielle émanant du Ministère Public n’est venue dissiper l’opacité entourant cette mesure privative de liberté, d’autant plus préoccupante qu’elle frappe une figure médiatique de premier plan et suscite une vive émotion dans l’opinion publique.
Réuni en session extraordinaire, le Bureau National élargi du FDS tient à manifester sa profonde inquiétude face à cette incarcération orchestrée dans un climat d’obscurantisme procédural, tandis que rumeurs infondées, conjectures partisanes et spéculations hasardeuses prolifèrent dans l’espace public, au détriment de la vérité et de la sérénité démocratique.
Les principes démocratiques bafoués par l’arbitraire
Le FDS rappelle avec solennité que dans toute démocratie digne de ce nom, la détention préventive constitue une mesure d’exception, subordonnée à des critères rigoureux de nécessité absolue, de proportionnalité et de motivation circonstanciée. Lorsqu’elle vise un acteur médiatique d’envergure, son encadrement juridique et sa justification doivent être d’une transparence irréprochable, afin de préserver simultanément les libertés publiques et l’autorité de l’institution judiciaire.
La liberté d’expression, pilier intangible de toute société démocratique, garantit à chacun – journalistes compris – la prérogative d’informer, d’alerter, d’émettre des critiques constructives et d’alimenter le débat citoyen, dans le strict respect du cadre légal. À ce titre, la presse n’est nullement l’antagoniste du pouvoir exécutif, mais bien un rouage essentiel de la vitalité républicaine.
Toute entrave à cette liberté cardinale, particulièrement lorsqu’elle conduit à l’incarcération d’un journaliste, doit être maniée avec une circonspection extrême. À défaut, c’est l’édifice même de l’État de droit qui vacille et perd sa crédibilité.
Un appel solennel à la transparence du Parquet
En sa qualité de gardien de l’action publique, le Procureur de la République dispose de l’arsenal juridique et institutionnel nécessaire pour éclairer les citoyens, tout en respectant scrupuleusement les droits de la défense et le principe sacro-saint de la présomption d’innocence.
Le Front Démocratique Socialiste l’interpelle donc avec gravité et déférence, l’exhortant à prendre publiquement la parole afin de :Rétablir la clarté factuelle* sur les éléments constitutifs de cette procédure judiciaire; Expliciter les motifs juridiques* ayant conduit à la détention préventive de M. Harold Leckat et réaffirmer solennellement les principes directeurs* qui régissent l’action du Parquet dans le respect intégral de la légalité et des libertés fondamentales
Nul n’est au-dessus de la loi, mais nul ne doit être privé de ses garanties
Le FDS réitère avec fermeté que personne ne saurait se prévaloir d’une immunité face à la loi, pas même les professionnels de l’information. Toutefois, il rappelle avec la même vigueur qu’aucun citoyen ne doit être dépouillé, sans justification publique et rigoureuse, des garanties procédurales que le droit octroie à l’ensemble du corps social.
La justice ne peut se draper dans le mutisme : elle doit s’expliquer pour être comprise et demeurer visible pour inspirer la confiance collective. Une démocratie authentique ne saurait s’accommoder du silence lorsque les libertés fondamentales sont menacées.
Toujours dans le même sens, notre rédaction a appris la tenue d’une conférence de presse du journaliste demain à Libreville par ses avocats.






