[Gabon-Médias] Arrestation d’un journaliste à sa descente d’avion : l’APIC déplore les méthodes et appelle au respect de la loi

Libreville, 16 octobre 2025 — L’Association des Professionnels de l’Information et de la Communication du Gabon (APIC-GABON) a exprimé, ce jeudi, sa vive inquiétude après l’interpellation musclée de Harold Leckat IGASSELA, Directeur de publication de Gabon Media Time, survenue le mercredi 15 octobre 2025 à 19 heures, à sa descente d’avion à l’aéroport international Léon Mba de Libreville.
Une arrestation opérée par des agents de la Direction générale des recherches (DGR), qui suscite de vives interrogations dans la sphère médiatique.
Selon le communiqué officiel de l’organisation depuis sa page Facebook en date du 17 octobre, aucune explication formelle n’a pour l’instant été fournie quant aux motifs réels de cette interpellation. Pourtant, à en croire les informations relayées par Gabon Media Time, un accord préalable aurait été conclu avec la DGR pour reporter au 16 octobre une audition initialement prévue quelques jours plus tôt. Ce report aurait été accordé en raison de l’indisponibilité temporaire du journaliste, alors en mission de formation en France.
Dans ce contexte, et sans remettre en cause les prérogatives des autorités judiciaires, l’APIC s’interroge sur l’opportunité d’une arrestation aussi précipitée, alors même que le journaliste offrait toutes les garanties de représentation nécessaires. Pour l’organisation, un tel procédé pourrait porter atteinte aux principes fondamentaux du droit et à la sérénité de la justice.
L’APIC-GABON rappelle en effet que si la justice doit agir en toute indépendance, elle doit aussi veiller à l’application stricte des principes de transparence, de présomption d’innocence et de respect de la dignité humaine. Concernant les acteurs des médias, l’association souligne l’importance du principe de dépénalisation du délit de presse, consacré par l’ordonnance n°00000012/PR/2018 du 23 février 2018 et renforcé par la loi n°019/2016 portant Code de la Communication en République gabonaise.
Réaffirmant son attachement indéfectible à la liberté de la presse, l’APIC appelle à ce que les droits des professionnels de l’information soient scrupuleusement respectés, tout en exhortant les autorités à garantir un climat de confiance et de dialogue entre les institutions et le secteur médiatique.
« La défense des droits des journalistes s’inscrit dans le respect des lois et des institutions de la République », conclut le communiqué signé du Président de l’APIC-GABON.







