[Gabon – Politique] Former la nouvelle génération politique : de l’engagement à la compétence

Dans une lettre ouverte publiée le 10 octobre dernier sur Facebook, Aymard Mbioko, Observateur semi-certifié des élections au Gabon, entrepreneur, analyste politique et expert en communication, tire la sonnette d’alarme sur un enjeu majeur : la préparation et l’encadrement de la jeunesse engagée en politique.
Alors que la Ve République se veut celle du renouveau et du rajeunissement politique, un constat s’impose : l’enthousiasme ne suffit pas. Pour Aymard Mbioko, l’accession massive des jeunes aux arènes politiques constitue une promesse enthousiasmante, mais elle s’accompagne de carences profondes en matière de connaissance institutionnelle et de culture républicaine. « Trop de déboires ont été observés à la veille du second tour. Beaucoup s’engagent sans maîtriser les responsabilités inhérentes à leurs fonctions », souligne-t-il.
Le constat est sans appel. Trop de jeunes candidats confondent encore popularité et légitimité, aide sociale et action publique. Or, rappelle l’analyste, un député n’est pas un mécène, mais un législateur chargé de voter les lois, contrôler l’action gouvernementale et représenter les citoyens.
De même, le maire n’est pas seulement un symbole local, mais le garant du développement communal, responsable de la planification urbaine, de la gestion des ressources et du bien-être collectif.
Le défi du renouveau : savoir avant de vouloir
Pour que la Ve République ne soit pas qu’un simple changement de visages, Aymard Mbioko insiste sur la nécessité d’un changement de mentalité. L’avenir politique du Gabon repose, selon lui, sur une jeunesse compétente, formée et consciente des enjeux de gouvernance.
Il préconise la création d’instituts de formation politique ou d’écoles de gouvernance, appuyées par les partis, les universités et la société civile, afin de doter les futurs élus de compétences solides en légistique, gestion publique, éthique et leadership. « Le changement ne doit pas être une question d’âge, mais de compétence, de vision et d’intégrité », martèle-t-il.
Cette approche vise à faire émerger une élite politique renouvelée, capable de transformer l’enthousiasme en expertise, et les promesses électorales en politiques publiques crédibles.
Une jeunesse à instruire pour mieux gouverner
Au-delà du discours, Aymard Mbioko adresse un appel à la responsabilité collective. Il invite les institutions, les formateurs et les partis à miser sur l’éducation civique et la formation continue, afin d’éviter que le vide idéologique ne se substitue à la pensée politique. Citant le président ghanéen Kwame Nkrumah, il rappelle que « la jeunesse est l’avenir d’une nation, mais encore faut-il qu’elle soit préparée à en porter la charge ».






