[Côte d’Ivoire – Politique] Crise démocratique : entre candidatures rejetées et répression, le Front Commun décrète une mobilisation “No Stopp”

En Côte d’Ivoire, le climat politique se tend à nouveau. Plusieurs figures majeures de l’opposition, à l’instar de Laurent Gbagbo et d’autres leaders, ont vu leurs candidatures rejetées par la Commission électorale indépendante (CEI). Une décision perçue par de nombreux observateurs comme un acte arbitraire et antidémocratique, symbolisant la fermeture du jeu politique.
Dans le même temps, le quatrième mandat du président sortant Alassane Dramane Ouattara continue de diviser. Si le chef de l’État met en avant un bilan de développement visible, pour une large frange de la population, cette longévité au pouvoir traduit une dérive autoritaire et une confiscation du pluralisme démocratique. « Ce comportement est contraire à l’esprit républicain et aux valeurs démocratiques », estiment plusieurs citoyens indignés.

Face à cette situation explosive, la marche du 11 octobre dernier, organisée par le Front Commun PPA-CI – PDCI-RDA, a donné lieu à une répression d’une rare brutalité. Gaz lacrymogènes, arrestations massives et violences policières ont marqué la journée, provoquant plus de 200 interpellations arbitraires selon les organisateurs.
Dans un communiqué musclé signé par Me Habiba Touré, porte-parole du Front Commun, l’opposition rend hommage au « courage héroïque des citoyens ivoiriens » qui ont défié la peur pour réclamer la justice et la liberté.
« Nous ne céderons ni à la peur ni à la violence du régime RHDP », martèle le texte, appelant à une mobilisation continue sur tout le territoire jusqu’à la tenue d’un véritable dialogue politique national. Le Front Commun dénonce une Côte d’Ivoire à deux vitesses : celle des partisans du pouvoir, libres de manifester, et celle des démocrates réprimés pour avoir défendu leurs droits constitutionnels. En signe de ralliement, chaque citoyen est invité à porter la couleur orange, désormais érigée en symbole de résistance pacifique et d’unité nationale.
Les présidents Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, figures emblématiques de cette alliance, exhortent leurs partisans à poursuivre la lutte dans la discipline, la dignité et le calme, rappelant que le combat n’est pas dirigé contre un homme, mais pour la restauration de l’État de droit et le respect de la Constitution.






