[Gabon – Politique] Jean Rémy Yama tacle la Cnocer et annonce un recours devant la Cour constitutionnelle pour solliciter le report des élections

À l’approche des élections législatives et locales fixées au 27 septembre, la tension politique monte d’un cran. Lors d’une conférence de presse organisée au siège de son parti à Libreville, Jean Rémy Yama, président du Parti national des travailleurs progressistes (PNTP), a vigoureusement critiqué la gestion du processus électoral, qu’il juge « brouillonne et inéquitable ». Il accuse la Commission nationale d’organisation des élections (Cnocer) et le ministère de l’Intérieur d’« incompétence manifeste », et annonce son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour exiger un report du scrutin.
Dans son exposé, l’opposant a pointé du doigt les multiples dysfonctionnements qui, selon lui, entachent la crédibilité du processus en cours. Il déplore notamment la publication répétée de listes de candidatures, alors que les pratiques électorales au Gabon prévoient traditionnellement une seule phase de recours et deux publications officielles. Or, jusqu’à présent, le ministère continue de modifier et de compléter les listes, signe, selon lui, d’un désordre inquiétant.

Plus grave encore, Jean Rémy Yama dénonce la disparition de dossiers complets, pourtant estampillés comme tels par les instances compétentes. Une situation qui pénalise certains candidats et bouleverse le calendrier de campagne :
« Un postulant dont le nom n’est toujours pas publié ne peut se préparer aussi efficacement que celui qui figure déjà sur les listes », a-t-il martelé.
Soupçons de manœuvres politiques
Au-delà de ces ratés administratifs, le président du PNTP soupçonne l’existence de « candidats instrumentalisés », qu’il qualifie de « roitelets », dont le rôle serait d’écarter des concurrents jugés trop sérieux. Une stratégie qui, selon lui, ternit davantage l’image d’un processus déjà fragilisé.
« Ce qui est encore plus alarmant, c’est que le désordre commence bien avant la campagne. Autrefois, la fraude se manifestait surtout lors de la proclamation des résultats », a-t-il relevé.
Un appel au chef de l’État et la menace de la rue
Face à ce qu’il considère comme une dérive dangereuse, Jean Rémy Yama a lancé un appel solennel au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, en sa qualité de garant des institutions. Toutefois, il prévient qu’il déposera, dans les prochains jours, une requête devant la Cour constitutionnelle afin d’obtenir un report du scrutin, pour garantir à tous les candidats des conditions de campagne équitables.
En parallèle, il n’exclut pas de recourir à des manifestations pacifiques, organisées dans le strict respect de la législation, afin de faire entendre sa voix et celle de ses partisans.






