[RDC-Politique] : L’ex-ministre de la Justice Constant Mutamba lourdement condamné pour détournement de fonds publics

La République démocratique du Congo a vécu, ce 2 septembre 2025, l’épilogue d’un procès retentissant. Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, a été reconnu coupable du détournement de près de 20 millions de dollars destinés à la construction d’un établissement pénitentiaire à Kisangani.
La Cour de cassation l’a frappé d’une condamnation exemplaire : trois ans de travaux forcés, assortis de cinq années d’inéligibilité et d’exclusion des fonctions publiques. À cette peine s’ajoute la restitution de 19 millions de dollars aux caisses de l’État, ainsi que la privation de tout bénéfice de remise ou d’aménagement de peine.
Ce verdict, qui marque une étape symbolique dans la lutte contre la corruption, a suscité un vif intérêt dans l’opinion publique congolaise. Si certains saluent une décision de justice à la hauteur de l’ampleur du préjudice causé au Trésor public, d’autres dénoncent une sentence jugée clémente au regard des réquisitions initiales du parquet, lequel avait sollicité jusqu’à dix ans de travaux forcés et une interdiction prolongée d’exercer toute charge publique.
L’affaire Mutamba, qui a tenu en haleine la sphère politique congolaise, trouve son origine dans un marché controversé attribué à la société Zion Construction, censée ériger la prison de Kisangani. Soupçonné de graves irrégularités dans la passation des contrats et l’usage des fonds, le dossier a été ouvert après que l’Assemblée nationale eut, le 29 mai 2025, autorisé l’engagement de poursuites judiciaires contre le ministre en exercice.
Dès juillet 2025, la Cour de cassation avait rejeté toutes les exceptions de procédure avancées par la défense et retenu le dossier au fond. Constant Mutamba, qui n’a cessé de clamer son innocence, dénonçant un « complot politique » ourdi par ses adversaires, s’est présenté à la barre sans jamais infléchir sa ligne de défense. Le verdict du 2 septembre vient clore ce chapitre judiciaire, tout en laissant planer des interrogations sur les ramifications politiques et financières de cette vaste affaire de corruption au sommet de l’État.






