2 décembre 2025

au cœur de l'infos

[Gabon – Société] Convocation de journalistes de Gabon Media Time à la DGR : l’UPF-Gabon tire la sonnette d’alarme

Dans une correspondance émanant de la Direction générale des recherches (DGR), l’opinion publique a été saisie d’étonnement en apprenant la convocation de deux journalistes du média en ligne Gabon Media Time (GMT). Une procédure aux contours encore nébuleux, mais qui a immédiatement suscité une réaction vigoureuse de Désiré Ename, président de l’Union de la Presse Francophone (UPF) – section Gabon.

Qu’est-il reproché au directeur de publication Harold Leckat Igassela et à son collaborateur signant sous le pseudonyme Casimir Mapiya ? Pour l’heure, le mystère demeure. L’UPF-Gabon, profondément préoccupée, en appelle au respect scrupuleux des engagements pris par l’État gabonais en matière de dépénalisation du délit de presse.

Selon les informations disponibles, ces journalistes ont été convoqués ce mercredi 3 septembre 2025 dans le cadre d’une enquête pénale relative à des publications effectuées dans l’exercice de leur fonction. Cette procédure intervient alors que le média GMT fait déjà l’objet d’une action engagée devant la Haute Autorité de la Communication (HAC) à l’initiative de la ministre Laurence Ndong.

Une menace inquiétante pour la liberté de la presse

L’UPF-Gabon rappelle avec fermeté que l’ordonnance n°00000012/PR/2018 du 23 février 2018 consacre la dépénalisation du délit de presse et interdit toute procédure judiciaire répressive visant des journalistes pour des faits inhérents à leur profession. Dès lors, une convocation devant une instance pénale constitue un dangereux précédent, un recul démocratique flagrant et une atteinte manifeste à l’État de droit.

Cette dérive, alerte l’organisation, ternit l’image d’un Gabon qui s’est toujours présenté, notamment au sein de l’espace francophone, comme un acteur résolument engagé pour la pluralité médiatique et la protection des professionnels de l’information.

Un appel solennel à la vigilance institutionnelle et à la solidarité professionnelle

Considérant cette convocation comme une dérive préoccupante, l’UPF-Gabon exhorte les autorités compétentes à garantir que l’exercice du journalisme ne soit jamais assimilé à une infraction pénale. Elle appelle également les institutions nationales à veiller à la stricte application des textes en vigueur afin de préserver un environnement médiatique serein, libre et démocratique.

En outre, l’organisation réaffirme sa solidarité inébranlable envers Gabon Media Time et son soutien à l’ensemble des journalistes qui, malgré le respect des règles déontologiques, subissent des pressions et intimidations incompatibles avec les principes de justice et de liberté d’expression.

Une alerte avant les Assises de la presse francophone

Alors que le Gabon s’apprête à accueillir dans quelques mois les 51ᵉ Assises de la presse francophone, ce climat délétère pourrait compromettre l’éclat de cet événement international rassemblant des professionnels venus de divers horizons.

Pis encore, le pays, qui a récemment gagné en crédibilité dans le classement de Reporters sans Frontières (RSF) grâce aux réformes impulsées par les nouvelles autorités en tête desquelles, Brice Clotaire Oligui Nguema, Président de la République, Chef de l’État qui, lors de la prise de pouvoir par l’armée avait invité les journalistes à travailler sans crainte, risque de voir ses efforts relégués au second plan si de tels incidents venaient à se multiplier.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Copyright © All rights reserved. | Newsphere by AF themes.