Décentralisation au Gabon : Oligui Nguema enclenche la révolution locale

Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a officiellement lancé, ce 17 juin à Libreville, la première session de la Commission Nationale de la Décentralisation (CND), marquant un tournant historique dans la gouvernance du Gabon.

En ouvrant les travaux, le Chef de l’État a rappelé l’ambition : « bâtir un cadre légal adapté, garantissant un transfert effectif des compétences et des ressources vers les collectivités locales ». Cette démarche, inscrite dans le sixième pilier de son projet de société, vise à responsabiliser les autorités locales et à rapprocher la gestion publique des citoyens.
La CND, créée par la loi organique n°001/2014, a pour mission de proposer des mesures concrètes pour rendre la décentralisation effective. La session inaugurale a permis d’adopter le Plan National de Transfert des Compétences, véritable feuille de route pour l’opérationnalisation du processus.
Un transfert inédit de moyens et de compétences
Le gouvernement s’engage à transférer des compétences clés – intérieur, santé, éducation, travaux publics, transports, habitat et urbanisme – ainsi que 30 % du budget de l’État, logé dans un fonds de péréquation. Ce transfert s’accompagnera du passage du personnel, du matériel et des ressources financières aux collectivités locales, donnant enfin aux maires les moyens d’agir sur le terrain, notamment pour la gestion de la voirie, de l’assainissement et de l’environnement.

Dans une première phase, 21 collectivités bénéficieront de ce transfert, avant une généralisation progressive sur l’ensemble du territoire.
Un défi de taille pour l’autonomie locale
Si la volonté politique est affichée, les défis restent nombreux : « Nos collectivités locales ont-elles la compétence nécessaire pour l’autogestion ? Ont-elles le personnel administratif suffisant ? », s’interroge un expert. La réussite du processus dépendra de la capacité des autorités locales à gérer ces nouvelles responsabilités et à renforcer la démocratie de proximité, enjeu clé pour le développement d’un « nouveau Gabon ».

La session de la CND marque ainsi le début d’une nouvelle ère : celle d’une gouvernance partagée, où l’État central accepte de céder une part de son pouvoir pour une gestion plus efficace et plus proche des réalités locales. Les attentes sont immenses, tout comme l’espoir d’un développement territorial enfin équilibré.






